Allez, un petit message de news. Rapide. Parce que j'avais besoin d'évacuer, de poser certaines choses aussi. 

Rien de bien mirobolant depuis la rentrée. 

Ma vie est tranquille et studieuse. Je sors un peu, vois parfois des amies, fais du sport assez irrégulièrement, car tout ce que j'ai en tête, c'est mon projet professionnel. 

Je n'ai pas fait la rencontre "promise". Tant mieux. Je n'y croyais guère. Je ne suis pas prête, et n'en ai pas envie. 

Au fond, je suis persuadée que je vais rester seule, en tout cas fort longtemps. D'ailleurs mes projets ne sont pas compatibles avec une relation. 

Je ne suis pas prête parce que j'ai toujours besoin de me reconstruire, parce que je risque de muter selon le résultat à mon concours, mais aussi, il faut l'admettre, parce que je ne l'oublie pas, lui. 

Le contraire serait inquiétant. On ne donne pas tant d'énergie et de temps à quelqu'un pour qui l'on n'éprouve rien. 

Et donc, forcément, on n'elimine pas quelqu'un qui a pris tant de place dans notre vie et notre cœur aussi facilement. 

J'étais sincère, mais complètement déstabilisée et très agacée par son mode de fonctionnement, et c'est ce qui m'a empêchée de vivre pleinement cette relation. Mais je l'aimais, oui. Je l'aimais. Et je sens bien que mon cœur n'est pas réparé de cette déception. 

De m'être fait traiter comme une voleuse malhonnête, une manipulatrice alors que j'ai moi même été entraînée dans un cercle dangereux qui me rendait malheureuse et dont je ne voulais pas, alors que j'ai tout fait pour que cela fonctionne, en vain. 

De m'être investie pour quelqu'un qui n'aura jamais eu ni gratitude ni reconnaissance, finalement. 

 

Aujourd'hui, même si la séparation était la seule issue et que je la vis bien, je dois quand même réparer tout ça. 

Je ne suis pas prête à recommencer vie de couple, don de soi et tout le bins... 

Parfois, je me surprends à me dire que nous aurions pu voir ce film ensemble, aller manger chez notre italien préféré ce soir, tester ce nouveau diner que nous avions repéré, visiter Varsovie ou new York ensemble. Je me surprends à fonctionner encore avec son agenda en tête. Je sais encore quand il récupère sa fille, quand il la ramène. Je pense à sa famille, à qui j'aurais aimé dire au revoir et exprimer plus de choses. Parce que je les appréciais. 

Je passe devant son magasin préféré où nous passions des heures, ou enfile la veste qu'il m'a offerte, avec remord, en me demandant si je ne devrais pas la lui rendre, ou m'en débarrasser. 

Je me rappelle ma première expérience de trottinette avec lui, et mes deux derniers nouvel an, surtout la Suisse, un 31 décembre sous la pluie. Qu'est ce qu'on avait ri ! Ca nous arrivait aussi...

Les 5 terres, l'Italie, les voyages, la moto. Il était toujours là, fiable. Comme moi. Et oui, nous avions des bons moments. Même si ça ne lui suffisait pas... 

Pour moi, il a tout gâché avec ses doutes et son pessimisme, sa culpabilisation, malgré son envie de bien faire. Sa rigidité, son caractère vindicatif et son côté influençable auront eu raison de ce que nous avons difficilement construit. Et l'auront détruit.

La bonne volonté et l'amour ne suffisent pas.

 

S'il avait reconnu ses erreurs, fait des excuses pour m'avoir manqué de respect et maltraitée (parce qu'à la fin, c'était terrible !), nous aurions pu discuter, et peut-être rebondir. Ou pas. Au moins pardonner et rester sur qch de positif.

Il avait viré à l'agressivité chronique. C'était horrible. Je ne le reconnaissais plus. 

Je regrette l'homme des débuts. Qu'il était peut être au fond. Ou pas !

Je ne sais plus qui il était vraiment, en fait. A quel moment il était lui, ou pas. 

 

Mais s'il n'avance pas, s'il est toujours aussi négatif, vindicatif, égoiste et injuste, il n'y a rien à en tirer. Et c'est dommage, autant pour nous, que pour lui. Parce que moi, je m'en remettrai. Je connais mes torts et erreurs, et je sais comment gérer et éviter tout cela. Mais lui... il a encore du travail. Il n'était pas prêt (et je l'ai toujours su !). 

 

Cette histoire m'a vraiment confirmé une chose : aimer ne suffit pas. Et aimer peut détruire, faire souffrir. Même quand c'est réciproque. 

Aimer, quand l'un des deux est en mal être, c'est impossible. 

 

D'où la nécessité pour moi, aujourd'hui, de prendre le temps de digérer et de poursuivre mon travail. Et quand je réalise que tous les endroits, les activités, de mon quotidien me rappellent des souvenirs avec lui, je me dis qu'il va falloir encore beaucoup de temps pour faire le deuil de cette relation et finir de me reconstruire. 

 

Donc, mon quotidien est centré sur moi, dans une solitude assumée et même appréciée, il ne peut que l'être. 

 

Mon ex cher et tendre me manque, mais je respire quand même de ne plus subir tout ce qu'il pouvait m'infliger, de manière plus ou moins consciente, plus ou moins directe... Pouvais-je continuer à me laisser détruire par cet homme parce qu'il savait être gentil et attentionné? par cette relation parce que j'y tenais ? Certainement pas. 

Je me suis choisie, parce qu'il a dépassé les bornes, et que je me suis respectée. J'ai souvent du mal à réaliser, je rêve parfois de lui, de nous, mais je sais que j'ai bien fait. Une relation toxique ne mène à rien. Et elle ne pouvait pas être autrement. Il ne sait pas faire autrement.

Et j'ai du mal à orienter une relation autrement quand je tombe sur quelqu'un qui fonctionne comme lui : même quand je tachais de différer, de couper, de limiter l'emprise, la culpabilisation, de mettre un terme aux discussions stériles et dangereuses, il me rattrapait. C'était du harcèlement... Il fallait qu'il me pousse dans mes retranchements, qu'il m'oblige à lui faire du mal. 

A ce stade, couper était la seule solution. Je n'aurais pas su gérer, casser le triangle. Je n'avais aucun recul pour cela. 

 

On est donc en octobre et le temps me paraît long, très long, cette année. Il n'y aura pas de vacances. Sauf à nouvel an, 4 jours. 

Mais je vis au calme, en paix, ça n'a pas de prix. 

Et j'ai un projet... 

Un seul et unique projet qui pourrait impacter toute ma vie et qui la réorientera entièrement aussi. 

Changement de cap... 

Une transition douloureuse mais certainement nécessaire !