Presque un an a passé. Et ma vie n'a guère changé. Seules les perspectives, les projets, ont évolué. Je suis toujours dans la projection d'un autre destin, sur ce nouveau chemin dont je ne vois pas le bout, où les ornières me font parfois peur, parfois mal.

Je ne reconnais pas mon quotidien, mais il est calme et serein.

Je suis seule depuis bientôt un an, et je ne ressens aucun manque.

Ai je à ce point été étouffée ? Dégoutée ? Déçue ?

Déçue, c'est peut être le mot. Parfois je me dis que je suis déçue. Que ce fut la déception amoureuse de trop, l'investissement de trop. C'est en tout cas celui qui m'a fait comprendre que je devais m'investir pour moi même. C'est ce pour quoi depuis ce mois de juillet où, en Crête avec deux amies, je me suis trouvé une autre raison de vivre, et un autre moyen d'exister.

J'ai compris il y a presque un an que je n'étais pas faite pour la vie de couple. Que depuis des années, la vie s'evertuait a me le faire comprendre. Mon destin n'a jamais pu être classique. Je n'ai jamais fait quoique ce soit comme les autres. Je ne suis pas comme les autres. J'ai essayé de rentrer dans le moule. Mais les normes et moi..... 🙄

Mais peut être qu'il ne s'agit que d'une déception. Ou peut être qu'il n'était pas le bon. Ni lui, ni les autres. Ou bien, c'est moi qui ne suis pas la bonne !!!! Finale, dans quel sens faut il prendre les choses ?!?!

Parfois je pense à lui. Ou je le vois dans mes rêves.

J'ai l'impression que la vie ensemble reprendra son cours, que c'est juste une parenthèse, que ça ne peut pas être autrement. Je me demande comment il va, comment vont ses parents. Je regrette de n'avoir pu leur dire au revoir.

Je savais, et j'ai su que je l'aimais quand nous nous sommes quittés. Je l'ai mesuré à la peine que j'avais de le voir pleurer, mais aussi à la colère que j'ai eue de le voir me maltraiter et me qualifier de menteuse. Comment avait il pu croire que je me fichais de lui ? Croire que je lui deteriorerais ses meubles ? Me parler de ses meubles, quand je pleurais notre relation ? 

Aujourd'hui, je le vois encore, et je pense encore souvent à lui. Pas avec colère, pas avec peine. Avec regrets.

Je reste persuadée que nous avions beaucoup de choses en commun, mais que nous ne nous sommes pas trouvés au bon moment. Il n'était pas prêt. Il n'avait pas coupé le cordon avec son ex, et n'était pas assez stable. Et moi, je n'étais pas préparée à qch d'aussi complexe et à quelqu'un d'aussi mal dans sa peau.

Et pourtant.... Je me sentais bien avec lui. Quand il ne me transmettait pas ses angoisses, ne me faisait pas de reproches, ne me tapait pas sur le système avec ses questions inutiles ou ses réactions de gamin, j'étais bien avec lui. Je l'aimais vraiment. Et comme toutes les femmes, et même tous les hommes, certaines choses m'agacaient parfois, et parfois beaucoup.... Mais lui, il était trop mal pour supporter, accepter, que qch puisse m'agacer, et en rire ou laisser passer... Comme d'autres l'auraient fait. Pire, il en rajoutait...

Mais je l'aimais, oui. Si je pense encore à lui, si je le considère encore comme le dernier homme que j'aurai aimé, si je n'ai pas eu envie de me fondre dans les bras d'un autre, c'est que qch de profond s'est brisé.

Je lui ai sûrement fait du mal, avec mes raleries et mon impatience qu'il prenait tellement personnellement. Mais bon sang, qu'il m'a fait du mal avec son indifférence, son égoïsme, et même la méchanceté dont il a fait preuve sur la fin. Et qu'il m'a fait du mal quand il m'a tellement mal parlé que j'ai été obligée de prendre la décision fatale !

Nous ne pouvions pas nous entendre. Même si nous devions retenter qch, et s'il n'avait pas évolué dans sa perception de lui même, des autres, et du monde, perception tellement triste et négative, je crains que cela serait impossible. J'aurais adoré qu'il grandisse, qu'il devienne quelqu'un de positif, ou qu'il reste juste tout le temps celui qu'il pouvait être parfois quand il était agréable, souriant et même amusant. Ou simplement cet homme calme, capable d'échanger sur tout et s'intéressant à tout. Tant de choses que j'appréciais chez lui, mais il n'y croyait pas ! 

S'il n'avait pas sombré si souvent dans ces attitudes extrêmes et extrêmement destructrices, je n'aurais pas été poussée dans mes retranchements. Nous aurions continué nos balades, nos voyages, nos cinés et restos... J'aurais envisagé la suite de mon parcours différemment. Nous avions tellement de choses à partager!

Je suis soulagée de ne plus me prendre la tête au quotidien. Même s'il me manque, et même si j'aurai toujours ce regret de n'avoir pu l'aider à se sentir mieux et d'avancer à deux. De partager encore tout ce que nous aimions tous les deux. Peut être de manière plus investie car j'aurais été plus à l'aise et moins dans la fuite.... (Quelqu'un qui doute en permanence, ça vous freine quand même einh....!) 

Je suis soulagée de m'occuper de moi. J'aurais aimé qu'il s'occupe de moi, lui aussi.

Lui, ou un autre, au fond. Parce que c'est sans fin. 

Je crois que j'ai compris qu'aucun homme n'est en mesure de s'occuper de moi, et que c'est à moi de le faire. Alors c'est ce que je fais.

Oú est ce que cela me mènera ? Allez savoir. Ce n'est pas calculé. Je vis au feeling, avec mon objectif de carrière, car je me dis que si la vie m'a toujours repris l'amour, c'est certainement parce que je suis faite pour une carrière et pas pour le couple. Bref, j'ai changé.

On ne vit jamais rien par hasard, jamais.

On ne rencontre personne par hasard, non plus.

On ne foire aucune relation par hasard. Également.

Tout a un sens. 

Je n'ai pas totalement donné de sens à tout cela à ce jour. 

Un jour, peut-être. 

Il n'empêche qu'il aura pris une vraie place dans ma vie. Qu'il gardera la place de l'inachevé. La place du questionnement. À tel autre moment, qu'aurions nous donné, ensemble ?! 

Il n'empêche qu'il aura insufflé un mouvement en moi, un nouveau cap. 

Rien, personne, ne vient par hasard sur notre chemin.