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Il n'y aura certainement pas de bébé...

Parce que j'ai peut-être trouvé un chéri, mais que ça ne suffit pas.

Bon, j'en avais fait mon deuil,  plus ou moins, avant de le rencontrer, la quarantaine passée.

Parce que dangereux, et compliquée seule.

Et puis dangereux, et compliqué à deux aussi, finalement.

Parce qu'il a une ex qui lui fait la vie (et à moi aussi au passage) et qui l'a bien dégouté.

Et parce que, malgré la prise de risques, il ne semble pas franchement en vouloir NI être en mesure d'en faire un, physiologiquement parlant, je veux dire.

Quant à moi, incapable de me dire "j'en ai envie" ou "j'en ai pas envie", j'ai laissé passer le temps et faire la nature, sans focaliser. Mais aujourd'hui, ça me paraît quand même, à moi aussi, physiologiquement mal barré. Et j'oscille entre cette impression de sacrifier mes dernieres possibilités et celle de devoir juste accepter qu'il n'y a plus aucune possibilité.

Alors voilà : je vais avoir 45 ans... Certaines amies, qui souhaitent me voir garder l'espoir, me disent que Pamela Anderson vient bien d'en faire un... Ah oui, mais la Pam., elle a du avoir toutes les aides médicales possibles, et elle a la possibilité de se payer tout ce qu'il faut pour être bien entourée, bien soignée et tout le tuttim.
Moi je m'appelle pas Pamela Anderson, j'ai pas une tune et mes médecins sont les mêmes que les vôtres. Et je ne bénéficierai d'aucun traitement ni aucune aide médicale vu mon grand âge et les lois françaises.

Du coup, je dois faire mon deuil... et ces jours-ci, je me dis que ça y est, le moment est venu d'y renoncer vraiment. Pas de petite bouille, pas de "maman"  pour moi.... et je n'aurai jamais ce sentiment de porter la vie et de préparer qch de grandiose en catimini, à moi toute seule.

Je vais laisser tout ce que j'ai bossé toute ma vie à des associations pour les animaux et à ma petite soeur, probablement.

Je ne laisserai rien derrière moi, rien qui ait mon sang, ma chair... rien que je n'ai créé, aimé, chéri de toute mon âme.

Je ne serai jamais Maman.

Ca fait quoi de penser à ça? de l'écrire pour la premiere fois ? Est-ce juste une manière de le poser? de l'accepter? ou de creuser le trou du regret ?

Toute ma vie, j'ai pensé qu'un jour je me marierai et aurai des enfants.

Quand je suis devenue Bridget, et que j'ai réalisé que la vie était plus compliquée que ce que j'avais projeté, et que j'étais moi même fort compliquée, j'ai compris que faire des projets long terme dans la vie, c'est la meilleure des façons d'être déçue.

Peut-être qu'avoir un enfant m'aurait changée, m'aurait appris la patience, le recul qui me manquent parfois. 

Peut-être qu'avoir un enfant aurait fait de moi la vraie femme que je suis au fond, qui se cherche et n'arrive pas à se révéler.

Peut-être qu'avec un autre, à un autre moment, j'aurais eu un enfant... ou peut-être pas. 

Avec des "peut-être", on peut aller loin, einh?! C'est comme "Paris et les Si"... on ne les met pas en bouteille.

Et moi, personne n'a finalement voulu ni réussi à me "mettre en cloque"... c'est que ma bouteille va rester bien vide, et qu'il m'appartient d'arriver à la remplir autrement.

Je n'ai pas attendu de réaliser cet état de fait pour apprendre à me remplir, fort heureusement. Mais tous ces subterfuges suffiront ils pour compenser tout le reste de ma vie? pour anéantir les regrets? détruire toute once de peine ? Allez savoir, seul l'avenir nous le dira.

Notre être profond n'est jamais décelable que dans certains contextes d'urgence ou de solitude, que je ne pense pas avoir encore atteints.

Je ne suis pas certaine d'être au moment du bilan.

Mais j'admets juste un premier bilan d'étape : je ne serai pas maman, et pour l'idée d'un bébé, c'est bel et bien terminé.

Et de l'écrire va sûrement m'aider à le réaliser, à totalement l'accepter.

Et trouver les parades pour continuer de vivre, FEMME, sans être mère. C'est très certainement possible, même si c'est étrange.

Sortons des schémas acquis et imposés... 

Good Night ;-)